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Hideo Kojima et PlayStation, le mariage de raison
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Le 16 décembre 2015, libéré de son contrat avec Konami, Hideo Kojima annonçait un nouveau partenariat avec PlayStation prenant la forme d’un futur jeu exclusif à la machine du constructeur nippon. Plus de 3 années se sont écoulées et le premier projet né de cette union, Death Stranding, reste encore bien mystérieux malgré la sortie de plusieurs trailers. Si aucune date n’a encore été officialisée, une arrivée en 2019 reste toutefois possible pour un titre qui sera exclusif à la console de PlayStation. Une situation qui ne s’était plus présentée pour le créateur depuis la sortie de Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots il y a 10 ans, mais qui vient encore une fois confirmer ses liens forts avec PlayStation à travers les époques.

Bien avant que Sony ne s’oriente vers une politique de titres à la dimension cinématographique forte, ou même qu’il fasse une entrée effective sur le marché des constructeurs, Hideo Kojima cultivait déjà un goût certain pour le cinéma. Le créatif japonais ne parvient toutefois pas à transformer cette passion en travail effectif pendant ses jeunes années, mais son obstination dessine déjà une tendance qui le guidera tout au long de sa vie : son appétence pour la création d'univers denses et recherchés, que le jeune homme matérialise alors en écrivant des nouvelles dépassant parfois les 400 pages et qu'il tente, en vain, de faire publier.

Cinéma, univers et références


Hideo Kojima et PlayStation, le mariage de raison
The Portopia Serial Murder Case

Si ses premiers émois vidéoludiques sur Famicom via Super Mario Bros. sont notoirement connus, un autre titre est également à l’origine de son attachement pour le média et surtout de son envie d’y travailler. The Portopia Serial Murder Case (Portopia Renzoku Satsujin Jiken de son nom original) est en effet un précurseur des Visual Novel proposant une enquête en vue à la première personne. La présence d’un tel jeu sur la machine convainc alors Kojima des qualités suffisantes du média pour espérer y déployer des univers riches, à la narration travaillée. Il y entre par le biais de Konami, devenu son partenaire de toujours - ou presque - au sein duquel il doit d’abord faire ses preuves via quelques travaux menés sur Penguin Adventure, puis la prise en main de son premier projet The Lost Warld, qui sera finalement annulé quelques mois plus tard.

Son premier succès, il le connaît alors grâce à Metal Gear premier du nom, sorti en 1987 sur MSX2. Celui qui entraînera une flopée de suites porte déjà la marque du créatif, qui tente de contourner les contraintes du support de l’époque tout en satisfaisant les désirs de son employeur, désireux de le voir créer un jeu de guerre aux commandes de son équipe. Il façonne alors cette idée basique pour en faire un vrai titre d’infiltration habillé de nouvelles mécaniques de jeux et surtout, constamment habité par des références cinématographiques. Le concept de base est d’ailleurs lui-même basé sur le film “La Grande évasion”, tandis que bon nombre de clins d'oeil du même genre se glissent régulièrement dans sa production ainsi que dans sa suite directe, sortie quelques années plus tard : les visages des personnages du Codec qui sont des sosies d’acteurs, ou la jaquette qui s’inspire d’une posture de Kyle Reese dans Terminator, par exemple.

Hideo Kojima et PlayStation, le mariage de raison
Metal Gear Solid

Malgré une exploitation plus qu’honorable des machines accueillant les deux premiers épisodes de Metal Gear, les appétences cinématographiques de Kojima sont alors bridées par le format 8 Bit, l’obligeant à y faire référence plutôt qu’à réellement s’approprier cette culture pour la mettre au service d’un nouveau support. Ce n’est donc pas un hasard de le voir offrir un nouveau pan de sa série bien des années plus tard, sur la première édition de la PlayStation. Metal Gear Solid, malgré un scénario original, reprend déjà plusieurs séquences et nouvelles idées aperçues chez ses deux prédécesseurs, mais profite du passage à la 3D et au support CD pour s’offrir un écrin le mettant plus que jamais en valeur. Cette première collaboration avec PlayStation lui vaut une renommée mondiale, matérialisée par l’excellent retour critique et commercial autour de son oeuvre. Elle marque aussi, comme évoqué quelques lignes plus haut, les premiers essais de Kojima avec un outil technique lui offrant plus d’options à l’heure de travailler la mise en scène de son titre. Nous sommes alors en 1998, et si la nouvelle console de Sony apparaît déjà comme un signe fort de la part du constructeur de proposer une orientation plus “mature” pour notre média, il ne s’orientera définitivement vers les expériences aux univers riches et à la grammaire cinématographique que bien des années plus tard.

Hideo Kojima poursuit alors son petit - ou son grand, en l'occurrence - bonhomme de chemin sur la série Metal Gear, qui reste inévitablement liée aux consoles PlayStation malgré quelques incartades (l’épisode Substance, The Twin Snakes, ou la sortie multi-support de Ground Zeroes et The Phantom Pain, notamment). Ce n’est qu’après près de 30 ans passés sur la série et quelques projets annexes - Boktai et Zone of the Enders en tête - que la séparation entre Kojima et Konami s’opère, dans un contexte particulièrement tendu. Konami choisit à l’époque de s’orienter vers des politiques économiquement plus intéressantes pour le groupe en privilégiant les jeux mobiles, comme annoncé par la voix de son CEO Hideki Hayakawa début 2015 :

Le jeu vidéo s’étend à de nombreuses plateformes, mais celle que nous avons toujours avec nous est le mobile. Le mobile est l’avenir du jeu vidéo. Nous espérons que nos titres sur consoles, tels que MGSV et Pro Evolution Soccer se vendent bien, mais nous pensons toujours également à la façon de porter ces licences sur mobiles.

Un rapprochement évident

Hideo Kojima et PlayStation, le mariage de raison
Silent Hills

L’annonce de cette nouvelle orientation survient moins d’un an après la sortie de P.T, une étonnante démo faisant office de teaser pour le nouveau projet Silent Hills, avec Hideo Kojima aux manettes. Elle signe alors la fin du projet, qui ne reverra jamais le jour sous cette forme puisque Hideo Kojima et Konami annoncent officiellement la fin de leur aventure commune, qui ne sera effective que quelques mois après la sortie de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. La suite, vous la connaissez déjà : dans la foulée de son départ, le créateur de Metal Gear s’affiche avec Andrew House dans une courte vidéo évoquant l’indépendance du studio Kojima Productions et le début des travaux sur un nouveau projet en collaboration avec la marque PlayStation. Pour Hideo Kojima, le choix de travailler avec Sony apparaît alors comme une évidence, ce qu’il confie d’ailleurs quelques mois après cette annonce dans une interview réalisée par nos confrères de Gameblog pendant l’E3 2016 :

J'avoue avoir reçu de nombreuses offres. Mais pour notre premier titre, je voulais m'assurer que nous pourrions être dans les meilleures conditions. J'entretiens depuis longtemps une belle relation avec Sony, faite de confiance, ce qui me permet de me concentrer sur la partie créative. Travailler avec un autre partenaire aurait sûrement demandé plus du temps sur des tâches annexes. Nous aurions pris du temps pour les contrats, et je ne pense pas que les choses seraient allées aussi vite qu'aujourd'hui. Travailler avec Sony m'a aussi apporté beaucoup de liberté, et leur soutien a été exceptionnel. Par exemple, si cela avait été avec une compagnie "normale", actuellement, je serai en train de préparer une présentation de mon jeu, nous serions en train de chercher les financements, d'expliquer ce que nous souhaitons faire. Comme pour un Kickstarter. Avec Sony, évidemment je leur ai expliqué ma démarche, mais ils m'ont tout de suite dit "vas-y, fais ce que tu as à faire". Ils m'offrent leur confiance. Toute l'énergie que vous devez mettre dans la préparation d'un projet, j'ai pu la concentrer sur la création. Cela fait une vraie différence.

Si cette collaboration est le fruit d’un long passé commun, elle puise également sa source dans la nouvelle orientation du constructeur depuis une dizaine d’années : axer une grande partie de ses titres majeurs sur un univers reprenant des codes cinématographiques, un scénario ou un univers immersif et soigné, le tout accompagné d’un gameplay solide et susceptible de convenir à de nombreux joueurs. Une grammaire portée à l’origine par Naughty Dog et Quantic Dream, sur laquelle ont depuis lorgnés Santa Monica Studios ou encore Guerilla Games, sans oublier les studios externes qui ont parfaitement su s’approprier la formule le temps d’une exclusivité comme Insomniac Games et son excellent Spider-Man. Le timing est donc idéal pour les deux parties et explique également, dans une ère ou plusieurs éditeurs préfèrent se tourner vers les jeux mobiles ou multijoueurs, pourquoi le rapprochement entre Hideo Kojima et PlayStation était aussi évident.

Hideo Kojima et PlayStation, le mariage de raison

Il l’est pour les jeux, mais aussi dans la manière de communiquer. En effet, les annonces majeures de jeux Sony sur les salons récents s’opèrent souvent par le biais de grands trailers marquants par leur narration, leur intensité, ou leur capacité à surprendre. Sur ce point aussi, Kojima s’est forgé une solide réputation avec des années d’annonce sur Metal Gear Solid, qui n’a pas faibli depuis le début de son travail sur Death Stranding. Jouant la carte du mystère et des différentes couches de lecture, il ne rechigne d’ailleurs pas à apparaître sur scène en plein E3 ou PlayStation Experience mais reste un personnage difficile d’accès, y compris pour la presse spécialisée. Cette culture de la mise en scène sied parfaitement à Sony, qui dispose d’ailleurs elle aussi d’éléments créatifs à la notoriété croissante (Neil Druckmann ou Cory Barlog, notamment) n’ayant certes pas le statut de “rockstar du jeu vidéo” de Hideo Kojima, mais jouissant d’une aura positive et d’une reconnaissance de plus en plus importante facilitée par les nouveaux outils de communication.

Enfin, la collaboration se veut aussi “technique”, en témoigne le périple de Hideo Kojima au début de l’année 2016. Alors accompagné de Mark Cerny, il parcourt le monde à la rencontre des studios majeurs de Sony Worldwide pour trouver un moteur susceptible de correspondre à sa nouvelle production. Il opte finalement pour le Decima Engine, qui a notamment fait ses preuves via le monde ouvert de Horizon Zero Dawn et dont la patte est déjà aisément perceptible sur les rares images déjà dévoilées du gameplay de Death Stranding. Travailler main dans la main avec Sony lui offre également l’accès à des technologies idéales pour un créatif aussi attaché à la mise en scène et la qualité visuelle du rendu de son expérience. Un point qu’il a notamment confirmé à nos confrères d’Allociné il y a quelques mois :

Dans mes précédents jeux, j'avais la motion capture, tandis que des acteurs prêtaient leurs voix à mes personnages. Auparavant, nous n'avions pas la possibilité de travailler à l'aide de la performance capture. Sony a de formidables studios équipés pour cela. Les acteurs ont fait leurs sessions de tournages en One Shot (...) Pour ce qui est de l'aspect technologique, l'usage de la performance capture a rendu les choses bien plus simple dans le développement de mon jeu; plus fluides et naturelles.

Reste à connaître l’avenir à moyen terme pour Hideo Kojima et sa structure. Très attaché à son indépendance qui lui permet de laisser libre cours à ses idées créatives, il profite pour le moment de son aura auprès de PlayStation pour bénéficier d’une quasi carte blanche sur Death Stranding. Est-ce que ce sera le cas pour son projet suivant ? Rien n’est moins sûr, car l’homme devra ensuite choisir entre rester en collaboration avec la marque tout en gardant le statut de studio tiers, s’éloigner de celle-ci pour proposer un titre attendu cette fois sur d’autres plateformes, voire même intégrer Sony Worldwide Studios si la possibilité lui est laissée et si le coeur lui en dit. Du succès de Death Stranding dépendra certainement l’avenir de Kojima Productions, qu’il reste tout de même difficile, sauf incident, d’imaginer loin de la marque PlayStation.

Profil de Kaaraj,  madarinorientalcondos.com
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COMMENTAIRES

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Cblackhawks
Cblackhawks
MP
le 14 janv. à 06:16

Je retiendrais de Kojima, outre bien entendu des merveilles comme MGS 2, l'arnaque de Phantom Pain. Comment a-t'il pu pondre une daube pareille. Un mystère.

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Nihilumbra
Nihilumbra
MP
le 13 janv. à 03:10

Death Stranding va être ÉNORME :)

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Ifxckwatermelon
Ifxckwatermelon
MP
le 13 janv. à 00:42

Jsuis toujours aussi deg de l'abandon de SH avec deltoro

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the-buddy
the-buddy
MP
le 12 janv. à 22:49

Qu'il reste chez sony avec c'est jeux sous lsd , death stranding ressemble trop a metal gear , trop déçu il sait faire que ca , des jeux infiltration'au scenario pourri

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Slimcasa88
Slimcasa88
MP
le 12 janv. à 17:07

Je pense que Hideo a travaillé sur death stranding depuis la periode de MGS 5 ,c'est pour ca les probleme avec Konami. C'est ma Theorie.je suis pas fr DSL pour lorthografe.jaime vos Forum.

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Pciste_de_base
Pciste_de_base
MP
le 12 janv. à 10:59

S'allier à Playstation, c'est toujours un mariage de raison. Il faut toujours s'allier aux meilleurs, ceux qui dominent.

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theo66_3
theo66_3
MP
le 12 janv. à 10:19

Je ne vois pas l'intérêt de faire des exclues comme ça...
Ca bloque tout un tas de joueur qui n'ont pas la console...

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nintendobadland
nintendobadland
MP
le 11 janv. à 16:09

il a raison ya que sony qui essaye de faire évoluer le jeux video japonais, pour enlever cette étiquette kikou jape nanar
bon choix
paske nintendo et les autres............ c'est la catastrophe http://www.noelshack.com/2019-02-5-1547219343-images-3.jpg

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Pentaro
Pentaro
MP
le 11 janv. à 10:21

Elle est vraiment creuse cette news.
Autant de blabla pour rien.
Vous êtes vraiment fort sur ce site.

Lire la suite...
weed_for_speed
weed_for_speed
MP
le 11 janv. à 09:39

« Eh mec t’as pas l’impression qu’on a abusé sur Fantasia ? Il est tout pourri le jeu !
-Ah ben c’est sur ça vaut pas les jeux de Kojima hein !
-Ouais c’est sur ! Lui c’est un mec important !
-KOJIMAAAHHH !
-Ouuuuh, encore une fois ??
-KOJIMAAAHHH KOJIMAAAHHH !! »

Lire la suite...
Commentaire édité 11 janv., 09:40 par weed_for_speed
Top commentaires
XXblackhertXX
XXblackhertXX
MP
le 10 janv. à 09:03

Un génie comme il y en a peu ce Hideo Kojima :ok:

Lire la suite...
MalakBane
MalakBane
MP
le 10 janv. à 09:08

On veut Silent hills !!!!

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